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Poêle

Aussi : Payelle

Contrairement au fourneau, ou à la cheminée, le poêle est d’abord destiné au chauffage d’une pièce. Il comportera exceptionnellement des accessoires permettant la cuisson ou le réchauffage des aliments, mais ce n’est pas sa fonction première. Les premiers poêles métalliques en fonte seront cylindriques, moulés avec une technologie dérivée de la fabrication des canons, ou rectangulaire, formés de plaques de fonte ou de fer moulées comme les plaques foyères des cheminées, et assemblées par des bandes métalliques. Le poêle métallique sera « transportable » c’est-à-dire qu’il ne sera pas, comme les fourneaux, construit en brique ou en pierres maçonnées et pourra éventuellement être déménagé sans grande détérioration d’un logement à un autre. Le poêle de faïence, plus lourd, très courant dans l’est de la France, aura une fonction accumulatrice de la chaleur, et sa construction permettra d’y ajouter des ornements architecturaux et décoratifs. Il sera quelques fois entièrement intégré à la construction.

1351, poile a le sens de « chambre chauffée par un poêle»;  – Dictionnaire historique du parler neuchâtelois et suisse romand par W. Pierre Humbert

Grand fourneau de terre ou de métal, posé sur des pieds embellis souvent d’ornements et de petites figures, qui a un conduit par ou s'échappe la fumée du feu qu'on y fait, et qui sert à échauffer une chambre sans qu'on voie le feu.  – 1751 Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers

L’usage en est venu jusqu’en France; mais ils sont pour la plus grande partie faits de plaques de fer fondu.  – 1756 Hebrard, Caminologie

Des différentes manières imaginées pour répandre plus avantageusement dans tout un appartement la chaleur d'un feu peu considérable, en le renfermant dans un fourneau qui s'exhale par un tuyau, les poêles prêtent plus aux recherches propres à varier ou à multiplier les avantages de ce chauffage; il n'est point d'endroit où l'on n'ait travaillé pour perfectionner ces fourneaux à l'infini, soit dans la construction ordinaire à laquelle on a conservé le nom de poêles, soit dans celle désignée par les Chinois sous le nom d’étuves, soit dans celle appelée à Philadelphie chauffoirs.  – 1770, Morand emploi du charbon de terre dans les cheminées et Poêles

Par poêles proprement dit, on doit entendre les fourneaux qui ne sont point à demeure fixe et qu’on déplace la fin de l’hiver pour ne les remettre qu’au retour de cette saison.  – 1797 le chauffage économique ou examen critique du chauffage

Le Poêlier est celui qui fabrique, achète, et vend des poêles de toutes les façons.
Le poêle est un grand fourneau de terre ou de métal qui a un conduit par où s’échappe la fumée, et qui sert à échauffer une chambre sans qu’on voie le feu: on le met communément dans les antichambres pour faire chaufferies domestiques, et afin que 1’air froid ne pénètre pas dans les appartements du maître Il est cependant à présumer que les poêles, dont l’usage est si fréquent dans tous les climats froids, doivent leur origine aux habitants du Nord, qui, s’étant aperçus que le courant d'air qui entretient le feu dans une cheminée, refroidit le volume d’air qui est contenu dans la chambre, à moins que ce même air ne soit échauffé à la longue par un grand feu continuel, qui occasionne une dépense considérable en bois, imaginèrent une espèce de fourneau où le feu est concentré, et dont la fumée sort par le moyen d’un tuyau qui ne laisse point entrer d’air extérieur dans l’appartement où est le poêle  – 1789 Art du poêlier

Poêle en fonte exécuté dans l'usine de M. Bernard Derosne, maître de forge au fourneau de Grace-Dieu.  – 1812 Derosne

Poêle ou poile: Sorte de fourneau de terre ou de fonte  – 1835: Dictionnaire de l'Académie Française, 7eme édition

Le poêle est un grand fourneau rond ou carré, de terre ou de métal, qui a un conduit par où s’échappe la fumée; une porte sur le devant, à sa base, pour y introduire le combustible, à fermeture en tôle, entouré de plusieurs cercles en cuivre pour le rendre plus solide, et surmonté de tuyaux soit de terre, soit de cuivre ou de tôle. On en fait même dont les tuyaux ne sont pas apparents; mais, dans ce cas, on pratique une ouverture dans le fond, par laquelle on introduit un tuyau également en terre cuite, et qui va se prolonger dans un endroit au-dessous du poêle. En général, le placement de ce tuyau est du ressort du fumiste, qui presque toujours est poêlier. A Paris on distingue les poêles par les numéros 1, 2, 3, 4 et 5, ce qui indique leurs différentes grandeurs.  – 1847 Manuel du porcelainier, du faïencier, du potier de terre, Roret

Les poêles sont des appareils de chauffage à foyer isolé, placés au milieu même de la masse d'air qu'on veut échauffer, en sorte que le calorique rayonne dans toutes les directions autour du foyer. A la partie inférieure est la prise d'air nécessaire à la combustion, dont les produits se dégagent, â la partie supérieure, par des tuyaux de tôle plus ou moins longs. Ces produits gazeux sortant ainsi très refroidis, on parvient à utiliser la presque totalité de la chaleur développée;  – 1866 Ganot

Si les poêles sont économiques sous le rapport de l'utilisation du combustible, ils ont pour défaut: 1° de ne pas ventiler l'appartement; 2° leur enveloppe près du foyer est souvent portée au rouge; 3° ils dessèchent l'air; 4° enfin, ils n'ont pas la gaieté, la salubrité du feu apparent. En somme, les poêles ont le défaut opposé à celui de nos cheminées; tandis que celles-ci donnent de la ventilation sans chaleur, les poêles donnent de la chaleur sans ventilation.  – 1873 Joly, traité du chauffage

Dans nos demeures, on emploie fréquemment comme appareil de chauffage des poêles placés au milieu de la chambre. Il y a des poêles en faïence et des poêles en fonte.  – 1883 science pittoresque

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Poêle en fonte du 16<ème> siècle moulé en une seule pièce (1900 Musée rétrospectif du chauffage)