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Géothermie

Aussi : Chauffage géothermique

La géothermie, ou l’utilisation des eaux chaudes provenant du sol pour le chauffage est connue depuis le temps des Romains. Cependant, pour cette application particulière, il est nécessaire d’obtenir de l’eau très chaude, alors que pour le thermalisme, une eau tiède suffit. Cette eau très chaude n’est disponible qu’à proximité de volcans. En France, un seul lieu existe où ce fut possible et appliqué durant des centaines d’années et au moins depuis le début du 14<ème> siècle, c’est le village de Chaudes-Aigues. L’eau chaude y fut utilisée pour le chauffage des habitations et au début du 19<ème> siècle des tentatives y furent même faites pour y développer des couvoirs « géothermiques ». En 1930, à Reykjavik dans l’île volcanique d’Islande, fut réalisé un premier réseau de chauffage urbain, qui vers 1950, s’étendit pour couvrir la presque totalité de l’île. En France Le chauffage géothermique se développa, à partir de 1969, pour des applications industrielles, à partir de forages profonds en région parisienne, dont l’eau tiède des nappes aquifères profondes est exploitée par des pompes à chaleur. Avec le développement récent des pompes à chaleur domestiques, ce type de chauffage s’est fortement répandu, en utilisant des nappes moins profondes, dont un premier exemple fut le chauffage de l’immeuble de la CGT à Montreuil en 1985, réalisé à partir d’une nappe aquifère à 30°C située à 80m de profondeur.

En 1826, M. d'Arcet pensa pouvoir faire servir la chaleur des eaux de Vichy à l'incubation artificielle il visita, l'année suivante, Chaudes-Aigues, où un aubergiste, propriétaire de sources thermales, M. Felgère, le comprit si bien qu'il utilisa immédiatement une partie de ses eaux, qui, comme on le sait, servent dans ce pays au chauffage des maisons, à chauffer un appareil d'incubation.  – 1828. Note sur l’incubation artificielle à Vichy par Mr Darcet, Bulletin de la Société d’encouragement

Ce procédé [Le chauffage par eau chaude], était mis en usage par les romains dans leurs étuves et leurs thermes ; de nos jours encore, les eaux thermales de Chaudes -Aigues sont employées au chauffage des habitations sous lesquelles elles circulent dans des conduits  – 1864 Dictionnaire des sciences

Ce système est du reste employé à Chaudes-Aigues, dans le département du Cantal, où les eaux d'une source, qui jaillit de terre à 90°, sont envoyées par des canaux souterrains dans les maisons pour les usages domestiques On a déjà des puits artésiens qui fournissent de l'eau à 28°; pourquoi n'irait-on pas chercher la chaleur plus loin ? Qui nous eût dit, il y a cent ans, qu'on pourrait creuser des puits de 7 à 800 mètres ? Pourquoi ne pas utiliser l'ébullition centrale du globe, et au lieu d'aller chercher, dans les entrailles de la terre, la chaleur sous forme solide, c'est-à-dire la houille, pourquoi ne pas la prendre sous forme liquide, plus facile à transporter, et à distribuer suivant nos besoins?.  – 1873 Joly Traité du chauffage

C’est avec cette eau que les habitants de la ville chauffent en hiver leurs habitations, sans user de combustible. Sur 450 maisons agglomérées [situées dans l’agglomération], 300 environ profitent de cet avantage.  – 1920 ca Carte postale de Chaudes-Aigues

Les Islandais ont réalisé ainsi une véritable domestication de la nature. Des conduites amènent l’eau des sources chaudes jusque dans les maisons où elle sert au chauffage domestique. En d’autres endroits, elle sert à l’irrigation ou encore au chauffage des serres. Il n’y a pas si longtemps, la terre aride d’Islande ne produisait que quelques pommes de terre et du foin et personne n’aurait osé prédire qu’elle arriverait à présenter autre chose.  – 1951, Le Patriote illustré P65

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Eau à 82° servant au chauffage des habitations (1920 ca Chaudes-Aigues)

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Pipeline amenant l’eau chaude à Reykjavik (1951 Le Patriote illustré)