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Gaz à l’eau

Voir aussi : Air inflammable

Aussi : Gaz de houille enrichi , Hydro-carbon-gaz

Le « gaz à l’eau »dont la découverte est due à l’ingénieur Belge Jobard est obtenu par la décomposition de l’eau sur du charbon incandescent. Ce procédé réalise une décomposition incomplète, comportant un fort pourcentage de monoxyde de carbone toxique (20 à 30%). De ce fait ce procédé ne fut pas autorisé en France, et ne reçut que des applications industrielles. L’apparition du gaz à l’eau produit par le générateur Lowes, qui était un gaz de houille purifié et enrichi en hydrocarbures par barbotage fut un progrès essentiel pour son utilisation domestique en éclairage et en chauffage. Mais en France, seule la Compagnie Narbonnaise du gaz en produisit pendant quelque temps à partir de 1855.Il fallut attendre la loi du 22 juillet 1923 pour que le gaz à l’eau soit autorisé par l’administration, et que le gaz soit considéré pour son pouvoir calorifique et non plus éclairant. Cela faisait alors plus de 10 ans que la France faisait exception en Europe, ou les fédérations gazières étrangères se gaussaient de l’obstination de son administration à ne pas évoluer

Il s'agirait, de substituer le gaz hydrogène non carboné aux divers chauffages ordinaires; ce procédé devait naturellement dériver de notre découverte du gaz à l'eau, gaz obtenu par la décomposition du protoxyde d'hydrogène [l’eau], à l'aide du charbon contenu dans des cornues incandescentes. Un kilogramme d'eau décomposée par ce procédé, peut donner plus de cent pieds cubes de gaz hydrogène mêlé de gaz oxyde de carbone, qui brûle également bien.  – 1839 Jobard, rapport sur l’exposition de Paris

Ayant reconnu l'insalubrité et les dangers du gaz de houille, M. Dumas conseillait, il y a vingt ans, d'essayer le gaz à l'eau, connu depuis longtemps et resté sans application utile. La première pensée de tirer du feu de l'eau remonte à Newton Ces prévisions furent réalisées par Lavoisier, qui décomposa l'eau en oxygène et hydrogène, et reconnut dans ce dernier un gaz inflammable, développant beaucoup de chaleur mais peu de lumière. Plusieurs essais furent alors successivement tentés pour donner à l'hydrogène pur sa lumière éclairante, entre autres par Lebon, An VII de la République, par Jobard de Bruxelles, en 1832 Leurs préparations ayant été reconnues dangereuses pour la santé, il fallut y renoncer. M. Gillard obtint enfin le résultat proposé au moyen d'un petit réseau de fil de platine, et alors le gaz hydrogène fit son entrée dans les établissements publics, dans les salons et les boudoirs, et, ce qui n'est pas moins intéressant, il fut employé, avec grand avantage de temps, d'économie et de commodité, à différents systèmes d'appareils de cuisine L'appareil destiné à rôtir la volaille et la viande est surtout ingénieux. Il se compose d'une série de tubes circulaires horizontaux superposés, de chacun desquels s'échappent par des petits trous une multitude de petites flammes qui convergent toutes sur la volaille placée au centre, laquelle est ainsi, quoique immobile, constamment lardée de traits de feu à petite distance, sur tous les points de sa périphérie, pendant que le jus en ruisselle intégralement dans un vase inférieur. On peut faire ainsi rôtir un dindonneau ou un gigot en cinq ou six minutes Les appareils de cuisine à gaz hydrogène ou autre de plus en plus perfectionnés permettront à la bonne mère de famille de soigner sa cuisine sans négliger le salon, et serviront ainsi par leur généralisation à augmenter le bien-être de la classe la plus nombreuse et la plus intéressante de la société.  – 1869 la cuisine au gaz hydrogène

La première pensée de ce procédé paraît avoir été conçue en Octobre 1830 par un Anglais appelé Donavan. Deux ans plus tard, M. Jobard, de Bruxelles, indiqua un perfectionnement capital: pour communiquer aux gaz la propriété qui leur manque, c’est-à-dire pouvoir donner une flamme éclatante, il imagina d’y introduire du carbone en les faisant barboter, avant d’arriver au bec, dans ces hydrocarbures liquides qu’on obtient par le distillation du goudron et des schistes bitumineux. Le gaz ainsi préparé a reçu en France le nom de gaz à l’eau, et en Angleterre, celui d’hydro-carbon-gaz. La première tentative pour employer le gaz à l’eau à l’éclairage fut faite aux Batignolles en 1834, par M. Selligue, alors associé avec M. Jobard; mais elle n’eut aucun succès, parce que le prix de revient du gaz était trop élevé. Plusieurs entreprises semblables, qui eurent lieu presqu’en même temps ou peu près en Belgique et en Angleterre, échouèrent également et pour le même motif.  – 1873 Histoire de l’industrie, Maigne

Le charbon porté au rouge décompose l’eau en ses éléments, et le résultat final de cette action chimique est un mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone. Ces deux gaz, peu éclairants par eux-mêmes, peuvent servir directement au chauffage ou à la production des hautes températures nécessaires à l’éclairage par incandescence. On peut encore les additionner de carbures éclairants et leur donner ainsi artificiellement le carbone dont ils sont dépourvus. Dans les débuts cette carburation était obtenue au moyen de l’huile de naphte, mais, à la suite des débouchés qui ont fait augmenter le prix de cette matière, on a eu recours à du pétrole brut ou à des huiles lourdes. On avait commencé également à décomposer la vapeur d'eau par des charbons incandescents dans des cornues chauffées extérieurement; on y a renoncé et on produit le gaz dans des générateurs spéciaux. Les trois principaux appareils employés sont ceux de Lowe, de Humphrey et de Lowes Toutefois, par suite même de son mode de fabrication, en raison de sa formation en présence d'un excès de combustible, le gaz à l'eau renferme de l'oxyde de carbone dans des proportions plus que suffisantes pour le rendre éminemment toxique et dangereux L’inconvénient est encore augmenté par l’absence d’odeur. On a proposé, pour y remédier, d'ajouter du mercaptan, de manière à déceler les fuites
Le gaz à l'eau s’emploie soit pour enrichir le gaz de houille comme en Angleterre, soit encore à la façon du gaz ordinaire, en ayant soin d'approprier naturellement les brûleurs à son pouvoir éclairant
Le gaz à l'eau carburé s’emploie fort peu en France: on ne peut guère citer que l'installation de M. Jouanne, à La Bourboule.  – 1898 Galine, Eclairage

L’emploi domestique du gaz à l’eau, depuis longtemps en faveur aux États-Unis et en Angleterre, a soulevé des objections nombreuses en France. La teneur élevée du gaz à l’eau, en oxyde de carbone, ce terrible poison, est bien faite pour inspirer une crainte salutaire; mais le gaz d’éclairage lui-même ne contient-il pas 6 à 8 p. 100 de CO? La toxicité de l’oxyde de carbone est si considérable, il suffit d’une dose si faible pour amener la mort, qu’on peut se demander si une teneur plus élevée de quelques centièmes, en oxyde de carbone, amènerait des accidents plus nombreux? On sait qu’en France, l’addition du gaz à l’eau au gaz de houille n’est pas autorisée. – 1906 Gaz d’éclairage

Le gaz à l’eau d’industrie est donc toujours un gaz mélangé d’oxyde de carbone ou gaz mixte.  – 1912 Damour Carnot Denglade, énergie calorifique

La discussion de celle loi [ l’autorisation du gaz à l’eau] a été laborieuse, mais finalement elle a été votée et promulguée le 22 juillet 1923 Tous les gaziers français qui, avant 1914, ont été en délégation dans les congrès à l’étranger se rappelleront avoir subi l'humiliation d'entendre nos collègues du dehors qualifier l'interdiction de l'emploi du gaz à l'eau et le maintien de la clause du pouvoir éclairant d’« erreurs nationales françaises ». – 1924 Centenaire de l’industrie du gaz

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Générateur de gaz à l’eau Lowes. (1898 Galine, Eclairage)

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Brûleur à peigne en tiges de magnésie pour gaz à l’eau (1898 Galine, Eclairage)