Visitez notre WebApp cliquer ici

Gaz portatif

Voir aussi : Butane

Aussi : Primagaz , Butagaz

Les difficultés du transport du gaz pour l’éclairage et le chauffage, en raison des réseaux de tuyauteries à mettre en œuvre, incitèrent très rapidement (à partir de 1815) les inventeurs à trouver, sans succès, des moyens de rendre le gaz transportable, en l’enfermant dans des réservoirs, avec ou sans pression. Le gaz de ville demandait une pression très importante pour être liquéfié, ce qui posait d’importants problèmes techniques. L’apparition des véhicules automobiles, les périodes de pénuries des années 1914-1935 en relancèrent les applications. Il fallut cependant attendre l’arrivée en 1932-1933 des bouteilles Butagaz, du butane et du propane, gaz faciles à liquéfier à basse pression, pour que cette technique prenne son essor, d’abord pour le chauffage et la cuisson domestique, puis ensuite pour les véhicules automobiles, avec le LPG.

Le gaz portatif est extrait de l'huile et fortement comprimé dans des vaisseaux de fer travaillé dont les dimensions varient selon les besoins des consommateurs. On en voit de sphériques, mais, en général, ils ont la forme d'un cylindre terminé aux extrémités par un petit cône; à chaque cône est fixée, au moyen d'une vis, une valvule d'une construction très ingénieuse qui donne entrée au gaz ou en permet la sortie.  – 1837 Traité sur le Gaz, Mattew

Au moyen d’une pompe foulante, on comprima donc du gaz dans des récipients de tôle ou de cuivre, à parois très-épaisses, et munis de robinets servant à l’entrée et à la sortie de la substance gazeuse. Cette innovation fut appelée éclairage au gaz portatif comprimé; elle parut en Angleterre, vers 1820. On y renonça au bout de peu de temps, parce qu’on reconnut qu’elle ne procurait aucun bénéfice aux vendeurs, et qu’elle pouvait devenir une cause de graves accidents pour les acheteurs, à cause des explosions dues à la fabrication vicieuse ou au mauvais entretien des appareils.L’emploi du gaz portatif était oublié depuis plus de trente ans, lorsque, dans le courant de 1845, M. Houzeau-Muiron, pharmacien à Reims, imagina de le faire revivre en supprimant la compression. Dans ce système, le gaz était transporté à domicile au moyen de grandes outres élastiques et imperméables, disposées sur une voiture. Arrivé devant la porte de l’établissement où le gaz devait être brûlé, le conducteur du véhicule mettait en communication l’une des outres avec le réservoir du consommateur, à l’aide d’un long tuyau flexible, puis, tournant une manivelle, serrait des courroies qui comprimaient l’outre et la forçaient à se vider. Ce procédé reçut le nom d’éclairage au gaz non comprimé. Comme il n’avait pas le danger du précédent, il fut d’abord adopté dans plusieurs grandes villes; mais il ne prit aucun développement, parce qu’il n’offrait aucun avantage sous le rapport économique, et qu’il obligeait à avoir chez soi un gazomètre encombrant et dont la marche était difficile à régler.
Vers 1850, on a repris à Paris et dans plusieurs autres grandes villes l’éclairage au gaz comprimé, et cette fois on a réussi à le rendre pratique, d’une part, en employant un gaz beaucoup plus éclairant que celui de la houille, d’autre part, en ne soumettant ce gaz qu’à une pression modérée. La substance substituée à la houille, dans ce cas, est un schiste bitumineux, qu’on tire d’Ecosse, où il est connu sous le nom de bog-head [voir ce mot]. A l’aide de pompes foulantes, on emmagasine le gaz dans des cylindres de tôle, qui servent ensuite à le transporter chez les consommateurs.  – 1873, Histoire de l’industrie, Maigne

L'idée de supprimer les canalisations souterraines et de les remplacer par des véhicules transportant le gaz aux points de consommation a été mise en pratique depuis longtemps. Il faut, dans ces conditions, donner au gaz un pouvoir éclairant maximum, de manière à réduire au minimum le volume à transporter. Il était donc tout indiqué de recourir au gaz riche [voir ce mot], d’autant mieux que le gaz ordinaire a l'inconvénient d’avoir sa puissance lumineuse diminuée par la compression, par suite de la condensation de certains hydrocarbures
Le gaz est comprimé à 20 kilogrammes. Chaque réservoir est relié à une canalisation générale dont il peut être isolé au moyen d’un robinet. L’abonné possède une série de récipients identiques; comme la pression y est moindre.  – 4 à 5 kilogrammes. il suffit de les réunir aux précédents pour effectuer le transvasement. (1898 Galine, Eclairage

Les Anglais, qui s’embarrassent en général assez peu de considérations théoriques, ont réalisé en 1917 une utilisation pratique du gaz d’éclairage à bord des véhicules. A cette époque, et pendant tout le cours de l’année 1918, et même, je crois un peu plus tard, on voyait circuler à Londres et dans un certain nombre de grandes villes, des camions, des omnibus et même de simples voitures de tourisme qui portaient sur leur toit d’immenses sacs en toile caoutchoutée que l’on gonflait avec du gaz d'éclairage et qui permettaient aux véhicules en question de circuler pendant 50 ou même 100 kilomètres, suivant la capacité du sac et les caractéristiques du véhicule.
Le hasard a voulu que nous nous trouvions à même d’examiner de très près cette question et nous avons pu, au début de 1918, apporter en France quelques échantillons de ces sacs à gaz qui ont servi de modèles à la fabrication de sacs analogues dans des usines françaises.
On avait équipé ainsi à titre d’essai une demi-douzaine de taxis qui étaient utilisés pour les services du Ministère de l'Armement. Autant qu'il nous en souvient, la capacité des sacs était de l’ordre de 5 ou 6 mètres cubes et le rayon d'action des taxis devait être d'à peu près 45 kilomètres.
Evidemment, ce n’était qu'un expédient car on se rend bien compte que le transport d'un sac d’aussi grande dimension et somme toute assez fragile, ne résolvait pas complètement la question; aussi, dès que la pénurie d’essence cessa, on vit disparaître les sacs à gaz. La question n’en restait pas moins tout à fait à l'ordre du jour. Elle a été travaillée depuis et elle est arrivée à un stade parfaitement pratique. Au lieu d'emporter le gaz dans des grands sacs où on l'emmagasinait à la pression atmosphérique, on le comprime maintenant à très forte pression (200 atmosphères) dans des bouteilles dont les parois offrent une très grande résistance. On utilise pour cela des bouteilles cylindriques faites soit en acier chromé, soit constituées par une enveloppe relativement mince en acier ou en aluminium, frettée extérieurement par des fils d'acier. On arrive ainsi à emmagasiner le gaz sans que le poids total (gaz plus récipient), ne devienne prohibitif.
Les résultats les meilleurs qui sont obtenus avec les tubes frettés permettent d’envisager l’utilisation du gaz même sur des voitures de tourisme. Une quantité de gaz correspondant en effet à un litre d'essence, pèse, récipient compris, un peu moins de 4 kilos. Poids élevé évidemment, mais nettement moindre cependant que celui des premières bouteilles à gaz utilisées autrefois. Avec des bouteilles entièrement métalliques, le poids du gaz, récipient compris, est d'à peu près 6 kilogrammes au mètre cube, ce qui met à 10 kilogrammes à peu près l’équivalent du litre d’essence.  – 1935 Dunlop

alt-a-titre

Distribution de gaz de houille comprimé (cité dans 1966 Pétrole, progrès, combustibles Esso)

alt-a-titre

Aménagement de tubes à gaz comprimé à l’arrière d'une voiture de tourisme. (1935 Dunlop)