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Gaz de cadavres et de résidus organiques

Voir aussi : Méthane (production de)

Ce gaz, qui n’est pas issu de la méthanisation anaérobie de produits organiques, mais de leur distillation, fut utilisé aux USA ai 19<ème> siècle pour produire du gaz d’éclairage à partir de déchets d’abattoirs.

-Utilisation des cadavres. Sous ce titre lugubre, le Moniteur du soir publie l'article humoristique suivant: La question de la crémation (combustion des corps), que l'on avait abandonnée depuis quelque temps, réapparaît aujourd'hui sous une forme éminemment utilitaire ! On sait que les Anglais ont déjà mis à profit, pour leur agriculture, tous les champs de bataille de l'Europe. Aujourd'hui ils nous envoient de l'Inde un procédé pour utiliser les cadavres. En les soumettant à un traitement semblable à celui que l'on fait subir au charbon de terre, on obtiendrait un gaz d'éclairage d'excellente qualité! Un cadavre produirait en moyenne 25 mètres cubes de gaz (1866 La science pittoresque)

-Fabrication du gaz de l'éclairage au moyen de cadavres d'animaux et de tas d'ordure. On a souvent parlé d'une méthode de production du gaz au moyen de cadavres d'animaux et de différents résidus, tels que tas d'ordures, etc. Cette méthode, inventée par M. I.indermann, de Breslau (Allemagne), a d'abord été l’objet d’un rapport très-favorable fait par une commission choisie parmi les autorités de cette ville; mais, depuis, elle a été mise en pratique sous la surveillance du directeur des usines à gaz, le professeur Treschel, qui l’a soumise à un examen minutieux sons le double rapport de la qualité du gaz et de son prix de revient. Les résultats qu'il a obtenus ont été publiés; les voici en substance:

1° La quantité de gaz produite est beaucoup moindre que celle que l’on obtient du charbon à quantité égale, de telle sorte que les usines à gaz devraient, à production égale, avoir, avec le nouveau procédé, des dimensions doubles de celles qu’exige l’emploi du charbon. 2° Le prix de revient est, contrairement aux espérances de l'inventeur et au rapport de la commission, double de celui du gaz de houille. 3° Les matières employées à la production du gaz doivent être chauffées dans neuf fois leur poids d'eau, et la condensation des vapeurs aqueuses qui résulte de celle distillation exige d'énormes réfrigérants. 5° L'extraction du gaz des matières proposées par l'inventeur exige l’emploi d’un combustible spécial, tandis qu’il n'en est pas de même avec le gaz de houille, qui n’exige pour sa production que 45 pour 100 du coke qui résulte de l’opération. 5° La quantité des impuretés qui souillent ce gaz. telles que azote, soufre, phosphore, et leurs composés, l'ammoniaque, l'hydrogène sulfuré et l’hydrogène phosphore, est beaucoup plus grande que celle qui est contenue dans le gaz de houille, et les opérations compliquées nécessaires pour le débarrasser de toutes ces impuretés sont de nature à rendre son emploi impraticable sur une grande échelle. Il résulte de ces résultats que l’utilisation des matières précitées pour la production du gaz ne présente aucun avantage, et qu’il est préférable de les employer à la fertilisation du sol.

(1875 La Nature n°105 à 130 P334)