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Gaz de bois

Voir aussi : Gaz de tourbe

Les méthodes distillatoires développées pour la fabrication de gaz à partir du bois, de la tourbe, ainsi que de certains résidus agricoles furent à l’origine du développement des gazogènes, et en particulier des gazogènes automobiles

Nous trouvons dans un journal américain le récit d'expériences faites sur des gaz tirés de la tourbe. Ces gaz ont été trouvés aussi bons pour l'éclairage que ceux qui provenaient du meilleur charbon de terre. Les tourbes sont formées par la composition d'une masse de plantes aquatiques et peuvent être considérées comme l'équivalent géologique du charbon de terre pendant la période actuelle. La richesse des gaz que l'on en tire dépend de la nature des plantes qui la forment. Mais en général, on peut dire que les tourbes sont de nature à rendre de grands services par une décomposition pyrogénée effectuée en vases clos Nous avons annoncé que des essais avaient été faits pour appliquer les résidus des pressoirs à cidre et à poiré, à la production du gaz; nous avons ajouté que les gaz obtenus étaient de qualité supérieure et d'une innocuité parfaite. Il résulte d'expériences de M. Barral que 1 kilog. de marc sec donne 170 litres de gaz. Les résidus de l'opération sont: du charbon léger, utilisable comme braise ou pouvant être transformé en briquettes; du goudron, s'élevant jusqu'à la proportion de 10 pour 100 de marc, et de l'acide acétique pur, dans les proportions de 75 centigrammes pour 100 grammes de liquide extrait. Le prix de revient serait d'un quart de celui du gaz houille, et, à l'aide d'un appareil portatif, on obtiendrait le nouveau gaz en moins de cinq minutes. (1866 La science pittoresque)  – 1866 La science pittoresque

Gaz de tourbe. La tourbe fournit comme la houille du gaz, du goudron, du coke et des produits ammoniacaux, mais cette fabrication ne peut-être qu’exceptionnelle en raison du manque de tourbe en état d’être distillée; car bien que la tourbe soit extrêmement répandue, elle n’est pas suffisamment exploitée pour servir de matière première à une fabrication régulière de gaz d’éclairage.  – 1880 La Houille et ses dérivés, Chemin et Verdier

Le bois a été la première substance employée pour donner du gaz, mais il ne tarda pas à être remplacé par la bouille. La distillation du bois ou de la tourbe peut se faire de deux façons: ces corps calcinés en vase clos, à basse température, émettent des vapeurs condensables, riches en produits de toutes sortes, comme l’acide acétique, l'alcool méthylique, les goudrons. Au contraire, à une haute température, ils donnent un gaz riche en hydrocarbures. Il faut, pour cela, empêcher ces derniers de se condenser et les décomposer en produits plus stables. C’est, en somme, le résumé de la fabrication du gaz riche: formation et décomposition des hydrocarbures Le combustible obtenu a des propriétés analogues à celles du gaz de houille; il est plus lourd, sa densité varie de 0, 600 à 0, 700, suivant sa teneur en oxyde de carbone. Comme il n’est pas très riche en produits éclairants, les brûleurs doivent avoir des dimensions considérables; la pression doit, en outre, être très faible, de manière à le débiter lentement sous une forte épaisseur, il est caractérisé par l'absence totale d’acide sulfhydrique. Au point de vue de la fabrication, il a encore comme avantage de donner, à poids égal, plus de gaz que la houille; la distillation étant plus rapide, les appareils sont moins volumineux; par contre, il exige, pour son épuration, des quantités de chaux considérables. Les sous-produits sont assez recherchés; quelques-uns, comme le goudron, renferment de la paraffine de première qualité. (1898 Galine, Eclairage)
Philippe Lebon, au début du siècle dernier, fit connaître la composition exacte des gaz de la distillation et attira l’attention sur la source de lumière possible au moyen de sa fameuse « thermo-lampe », laquelle ne put lutter avec le gaz d’éclairage préparé avec de la houille. Les efforts des chimistes arrivèrent à créer, vers 1870, des appareils spéciaux adaptés à la carbonisation en vase clos, en vue de la récupération des produits, si variés, contenus dans la distillation de la carbonisation. Actuellement de nombreuses usines traitent le bois, et ce n’est pas trop s’avancer que d’affirmer que le charbon de bois, qui autrefois était le produit principal de ces usines, est devenu un sous-produit, intéressant certes, mais de valeur moindre que les nombreux et riches corps extraits des pyroligneux distillés du bois. De ce fait, dans quelques années, tout massif forestier pouvant fournir au moins 15000 stères de bois annuellement (une usine qui ne traite pas au moins cette quantité n’est pas viable) sera muni d’une usine de carbonisation avec cornues et appareils de récupération.
1924 La Nature, Charbon de bois)

Comme je l’ai déjà dit, j’estime que le bois doit être spécialement utilisé dans les gazogènes agricoles et éventuellement dans les gazogènes industriels. Pour les gazogènes industriels, je n’hésite pas à penser qu’il est, à mon avis, le seul combustible qui s’impose, sauf bien entendu dans les régions totalement privées de bois, ce qui est rare en France Vous avez ici cette semaine à Blois, sous les yeux un magnifique exemple de ce que l’on peut obtenir avec un gazogène fixe au bois. Les établissements Valet d’Etampes, vous présentent dans leur stand une série de gazogènes actionnant des moteurs de toutes puissances et fonctionnant exclusivement au bois cette maison a déjà mis en service en France et aux colonies plus de 3000 gazogènes. Je suis persuadé que dans ces mêmes gazogènes au bois, on peut utiliser la tourbe comprimée et séchée sans aucune modification aux appareils, sauf peut-être un épurateur supplémentaire.  – 1925 Congrès du bois

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Appareils gazogènes Valet (1925 Congrès du bois)