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Frottement (chauffage par)

Aussi : Machine Thermogène de Mayer et Beaumont

Lors de l’exposition universelle de 1855, le docteur Alexandre Mayer et l’ingénieur Alexandre Beaumont exposèrent deux machines dites thermogènes, produisant de la chaleur par frottement, l’une destinée à produire de la vapeur, l’autre à chauffer directement les liquides, en particulier pour cuire les aliments des troupes en campagne à l’aide d’un manège mû par des chevaux ou par des troupiers. Ils en avaient réalisé un exemplaire, qui fonctionna en 1855 295 quai de Valmy à Paris Cette invention resta sans suite.

A la fin du siècle dernier, le physicien anglais Rumford, faisant des expériences pour déterminer la quantité de chaleur développée par le frottement, avança qu’elle serait assez grande pour faire cuire des aliments; mais il ajouta aussitôt qu’il y aurait plus d’économie à la produire en employant comme combustible les matières nécessaires pour nourrir le cheval destiné à mettre en mouvement la machine avec laquelle il avait effectué ses recherches. Quelque temps après, le physicien suisse Pictet, parlant des expériences de Rumford, fît remarquer qu’on obtiendrait un avantage réel en remplaçant la force du cheval par celle du vent ou d’une chute d’eau. Un peu plus tard, on essaya, aux Etats-Unis, d’appliquer cette idée. On réussit à chauffer des poêles et des cheminées au moyen de meules de fonte qui tournaient pressées l’une contre l’autre; mais ces meules s’usaient avec une telle rapidité que le procédé fut trouvé trop dispendieux. De nos jours, la question du chauffage par le frottement a été reprise par plusieurs savants. Nous devons à ces nouvelles tentatives la machine thermogène de MM. Mayer et Beaumont. C’est une chaudière d’une capacité de 400 litres, qui est traversée par un cylindre de fonte légèrement conique, dans lequel un cône de bois tourne en frottant contre les parois avec une vitesse de 4, 000 tours par minute. Quelques heures suffisent pour porter à l’ébullition l’eau que contient la chaudière. Cet appareil ne pourrait être utilisé avec économie que dans les lieux où le combustible serait très-rare et où la force motrice serait très-abondante et peu coûteuse. Si l’on se servait d’une machine à vapeur pour produire la rotation du cône de bois, il faudrait dépenser une quantité de charbon qui, en brûlant dans un fourneau ordinaire, donnerait deux fois plus de chaleur que le frottement n’en produirait.  – 1873 Histoire de l’industrie, Maigne

M. Beaumont produit de la chaleur par le frottement d’un cône en bois garni de chanvre, que le mouvement du train fait tourner dans une cavité de même forme ménagée, soit dans une chaudière, soit dans un calorifère à air chaud monté sur chaque voiture. – 1876 Chauffage des voitures de chemin de fer, Regray