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Fourneau

Contrairement au Poêle, qui désigne un appareil destiné au chauffage, le fourneau domestique a pour vocation principale la cuisson des aliments et auxiliairement le chauffage de l’eau. Les fourneaux peuvent être « de construction » c’est-à-dire construits sur place en briques, avec des portes et quelques autres composants en fonte ou en fer, ou « portatifs » c’est-à-dire transportables et livrés en une seule pièce. Au début du 19<ème> siècle, pour des raisons de santé (intoxication au gaz carbonique ou au monoxyde de carbone) on construit de préférence les fourneaux dans la hotte de la cheminée de la cuisine afin de conduire les gaz brûlés vers l’extérieur, alors que précédemment ils pouvaient être construits contre un mur, sans conduit de cheminée, simplement à proximité d’une ouverture. Vers 1830 apparurent les fourneaux « économiques » en fonte, sur pieds, à une, deux 3 ou 4 marmites, précurseurs des cuisinières (Brevet Guyon du 25 Mai 1829). Ils sont dits économiques car consommant moins de combustible que les fourneaux traditionnels en maçonnerie aussi parce qu’ils peuvent brûler de la houille. Ils sont dits « de cuisine ou potagers » afin de les distinguer des fourneaux des apothicaires et des chimistes. Ces modèles seront produits dans l’est de la France (Meuse, Haute Marne, Haute Saône, Doubs, Jura). Au milieu du 19ème siècle apparurent les fourneaux dits « Hygiéniques», à la suite des expériences de Tourdes à Strasbourg en 1841, qui prouva la toxicité de l’oxyde de carbone, puis du Général Morin en 1868 et 1869 qui démontra que les poêles chauffés au rouge laissent passer l’oxyde de carbone. Durant l’exposition de 1878 à Paris furent présentés pour la première fois des fourneaux de cuisine à pétrole. Ils donnèrent naissance aux réchauds et cuisinières à pétrole. Progressivement, avec l’apparition des cuisinières à gaz, puis électriques, les lourds fourneaux disparurent des usages domestique pour se confiner dans les cuisines professionnelles

Vaisseau propre à contenir du feu, et particulièrement de charbon. Il y en a de plusieurs sortes. Le fourneau domestique ou d’apothicaire est celui dont on se sert pour faire les confitures, pour mettre sous une marmite ou un chaudron. Il est ordinairement de fer, et quelquefois de terre.  – Dictionnaire universel, Furetière, 1690

C’est un vaisseau de terre, ou l’on ménage le feu qu’on donne par degrés, par le moyen de certains trous, qu’on nomme registre, qu’on ouvre ou qu’on ferme pour augmenter ou diminuer le feu. Il y en a de grands, qui sont immobiles, qu’on nomme athanors, et des portatifs, qu’on nomme universels, ou l’on peut faire toutes sortes d’opérations, quand il n’y a pas quantité de matière. Tout fourneau a son cendrier, son foyer, sa porte, ses registres et son dôme. 1717  – Dictionnaire Economique, Noel Chaumel

C'est un ouvrage de maçonnerie qui est fait de briques, qui a environ trois pieds de haut, et sur lequel sont scellés des réchauds qui déposent leurs cendres dans une espèce de voûte pratiquée sous le fourneau, et à peu près vers le milieu. Le bâti qui soutient cette maçonnerie est de pierre. Les contours de la partie supérieure sont garnis et liés de bandes de fer.  – 1751 Encyclopédie, ou Dictionnaire Raisonné des sciences, des Arts et des métiers, par une société de gens de lettres, Mis en ordre et publié par M. Diderot

Il y en a de ronds de carrés ces derniers font les meilleurs.  – La cuisinière bourgeoise 1764

Je plaçois au milieu du foyer de mon fourneau, une bonne bûche de chêne.  – 1783 l’Art de faire éclore

Fournaux fumivores:  – 1800 Thilorier

Description d'un fourneau de cuisine construit de manière à pouvoir y préparer toute espèce d’aliment [Ndlr: Fourneau placé dans l’âtre de la cheminée de cuisine], 1822, par D'Arcet.  – voir: Petite histoire des Rôtissoires, par J. Jumeau

Fourneaux économiques de cuisine.  – 1830 Guyon

Un nouveau poêle fourneau, le petit fourneau avec lequel on fait chauffer son déjeuner et cuire des côtelettes avec une feuille de papier,  – Harel 1841

Dans presque toutes les maisons particulières les fourneaux de cuisine n’ont éprouvé aucune amélioration; ils se composent de trémies en fonte engagées dans une maçonnerie, et dans lesquelles on brûle du charbon de bois. Ce mode de chauffage est insalubre et très cher; il est insalubre, parce que la totalité, ou au moins une partie des produits de la combustion se répand dans la pièce, quoique le fourneau soit surmonté d’une hotte et on sait qu’une très-petite quantité d’oxyde de carbone dans l’air exerce une action très-énergique sur l’organisation; il est très cher, parce qu’on n’utilise qu’une très petite partie de la chaleur produite par la combustion, et que le combustible employé est le plus cher de tous.  – 1848 Traité du chauffage, Péclet

Fourneaux de salle ovales, à 2 marmites, avec four et tablette mobile.  – 1870 Ricot et Nicolas Varigney

Fourneaux de salle octogones, ornés, à bois ou à houille.  – 1870 Ricot et Nicolas Varigney

Fourneaux dits Vosgiens, à 4 marmites à pieds, très avec four, à bois, à flamme directe.  – 1870 Ricot et Nicolas Varigney

Fourneaux-Cuisinières à 3 marmites avec bouilloire à bois ou à houille et bois, à flamme renversée, les deux grandes marmites sur le foyer.  – 1870 Ricot et Nicolas Varigney

Fourneaux de cuisine en tôle et fonte, avec ou sans grillade, Fourneaux avec appareil pour circulation d'eau chaude, Fourneaux à charbon de bois en tôle et en briques,  – 1878: catalogue Allez

On expose aussi quelques fourneaux de cuisine à pétrole. Les États-Unis brillent surtout par le-chiffre d’affaires qu’ils font dans cet article. C’est ainsi qu’une seule maison de ce pays, la maison Abendroth, débite annuellement pour une somme fabuleuse d’un seul type de l’espèce, où l’on peut faire la cuisine pour vingt personnes sur un petit fourneau des dimensions les plus réduites.  – 1878 Rapport belge sur l’exposition de chauffage à Paris

Fourneaux de construction, Fourneau potager.  – 1879 Guyot Mousseron

Fourneau à pétrole, brûlant bleu sans odeur et sans fumée, système à bascule sans charnière.  – 1880 ca Gosteau

Fourneaux à gaz.  – 1893 Pied-selle

Fourneaux de construction, façade en fonte.  – 1893 Pied-selle

Fourneaux en tôle et fonte.  – 1893 Pied-selle

Dans une cuisine, le meuble le plus essentiel est, sans contredit, le fourneau: ce qui indique souvent l’importance de la maison et qui devient presque un objet de luxe; il devra être pourvu d’une étuve, d’une chaudière à eau bouillante, d’une grillade, d’un chauffe-assiettes, d’un four à rôtir et d’un réchaud à charbon de bois.  – 1898 Cuisinière de la campagne et de la ville

Fourneaux de salle à manger.  – 1898 Clerval

Fourneaux à 3 ou 4 marmites à houille.  – 1898 Clerval

On appelle fourneau portatif tout fourneau construit d’avance, constituant un ensemble complet prêt à fonctionner, que l’on peut transporter ainsi et qu’on peut poser enfin, dans tout endroit aménagé en conséquence.
Par contre, on désigne sous le nom de fourneau de construction, ou fourneau à bâtir, tout fourneau dont les éléments constitutifs seront amenés séparément et assemblés sur place, de façon à former un ensemble qu’on ne pourra déplacer qu’à la condition de le démolir.  – 1905 Traité de fumisterie, Maubras

Fourneau disposé pour être placé au milieu d’une cuisine Se composant de: Un dessus de fonte douce avec plaques de chauffe et rondelles mobiles; deux façades et deux côtés en tôle forte ou en fonte; quatre coins ronds en tôle forte ou en fonte; deux foyers à paraboles et barreaux mobiles; quatre fours à rôtir; une grande chaudière en cuivre avec robinets en bronze placés dans des baies afin de ne pas gêner le service (cette chaudière est sous plaque); quatre petites arcades sous les fours permettant de s’approcher près du fourneau; une grande étuve placée par bout avec porte à deux vantaux sur le côté; quatre registres servant à répartir et à régler la chaleur; une barre en cuivre ou fer poli avec supports, entourant le fourneau.  – 1905 ca Tôliers de Paris

Fourneaux de cuisine tôle et fonte.  – 1905 Faure

Fourneaux triangulaires tôle et fonte.  – 1905 Faure

Les fourneaux Briffault peuvent être imités mais jamais égalés. Aussi, ces imitations que de tous côtés 1’on essaie de faire de nos modèles n'en sont-elles que plus flatteuses pour nous, puisqu'elles sont l'éloge, par nos imitateurs eux-mêmes, des progrès réalisés par nous dans notre industrie.  – 1909 Briffault

Fourneau de luxe à retour de flamme, à four et étuve. Chaudière fonte émaillée avec robinet. Cendrier trieur. Façade et portes émail Rouge Royal. Ferrures et Garnitures nickelées, dessus poli.  – 1912 Odelin

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Fourneau de cuisine économique (Guyon 1832)

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Cuisine bourgeoise équipée de fourneaux Briffault (1895)

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Les changements qu'on peut opérer sur demande aux fourneaux sont les suivants:
1° Bain-marie avec 3 ou 4 copettes cuivre ou porcelaine.
2° Rôtisserie à air libre par bout et par le foyer.
3° Porte sur la façade, foyer au bois ou à houille.
4° Papillon facilitant l'allumage.
5° Bouilleur cuivre pour le chauffage des bains.
6° Loquets à ressort remplaçant les clanches.
7° Ovale à 1 seul trou ou à 2 trous.
8° Etagère en fonte.
(1894 Chappée Chauffage)

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Fourneau destiné à être placé au milieu d’une cuisine (1905 ca Tôliers de Paris)

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Fourneau de luxe à retour de flamme (1912 Odelin)