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Four crématoire

Vers 1871, l’idée de la crémation des morts fait son chemin dans l’opinion publique. En grande partie due aux craintes des épidémies, elle sera d’abord appliquée en Angleterre en 1874 par le célèbre chirurgien sir Henry Thompson à Woking dans le Surrey, puis en Italie. En France, ou le souvenir des morts des champs de bataille de 1870 est resté vivace, la première installation fut construite en 1885 au cimetière de l’Est (qui deviendra le Père Lachaise), Le four italien Gorini qui fut utilisé, était chauffé par le gaz produit dans un gazogène à bois, et sa température pouvait atteindre 1500 degrés. L’incinération, coûteuse, dépassait 2 heures. Il sera remplacé en 1890 par un four Muller et Fichet, plus économique. Progressivement la crémation sera étendue aux hôpitaux, pour permettre de détruire de manière hygiénique les débris anatomiques et les déchets contaminés.

La difficulté croissante de trouver aux abords des grandes villes des terrains assez étendus pour y établir des cimetières, où les corps puissent reposer pendant une longue suite d’années sans déplacement, a ramené à plusieurs reprises, et notamment dans ces dernières années, l’attention publique sur la question de la crémation au moins facultative des cadavres.
La crémation présente évidemment l’avantage de remplacer les cadavres par des cendres qui occupent moins de place Enfin il semble que la crémation permette, en cas d’épidémie, de faire disparaître plus rapidement les cadavres et avec eux les dangers de contagion
Le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine, consulté en 1883 sur cette dernière question, a émis l’avis, d’après un rapport du Dr Brouardel, auquel nous empruntons ces détails, que la crémation n’est pas préférable à l’inhumation parce qu’elle entraîne plus de manipulations des cadavres, et comporte par suite plus de dangers, jusqu’au moment où le corps est mis dans le four, que pour le déposer dans la terre D’autre part, le Conseil d’hygiène a adopté, l’année suivante, un rapport du même auteur concluant à l’utilité de détruire par la crémation les débris ayant servi aux études anatomiques dans les amphithéâtres des hôpitaux et de l’école pratique
En 1890, un four crématoire a été construit au cimetière de l’Est, à Paris, sur les plans de MM. Muller et Fichet1. Il est à chauffage continu, de manière à fonctionner toute la journée et à être toujours prêt. Dans l'intervalle entre les crémations particulières, il sert à briller les débris provenant des amphithéâtres de dissection de l’Ecole de médecine
Four portatif de MM. Kuborn et Jacques. Cet appareil, destiné spécialement à fonctionner sur les champs de bataille, se compose d’une sorte de wagon dans lequel les corps sont disposés sur une sole inclinée placée au-dessus d’un foyer; les gaz de toute nature dégagés sous l’action de ce foyer viennent passer sur un autre foyer, placé à l’autre extrémité du wagon, où ils achèvent de brûler.  – 1893 Le chauffage, Lefèvre

Fours crématoires. Température maximum de l'ordre de 1100°C.  – 1945 Mémento du chauffage électrique

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Four crématoire Muller et Fichet construit en 1890 au cimetière de l’Est à Paris (1893 Le chauffage, Lefèvre)