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Chauffage central à vapeur basse et très basse pression

Aussi : Système Français

Au début du 20<ème> siècle, le chauffage central par circulation d’eau ou de vapeur, jusqu’alors limité aux grandes demeures et aux immeubles collectifs se démocratise et se développe dans les habitations individuelles. Deux systèmes sont en concurrence:

1/ Les appareils à circulation d’eau chaude par thermosiphon. La circulation d’eau chaude est handicapée par les pertes de charges des tuyauteries qui obligent à utiliser des tuyaux de gros diamètre (ce qui augmente le prix), et à calculer la section de ceux-ci en fonction de la position des radiateurs et de leur distance par rapport à la chaudière (ce qui demande des chauffagistes qualifiés). Le circuit nécessite aussi des purgeurs d’air et un vase d’expansion.

2/ Les appareils à circulation de vapeur basse pression. Les appareils à vapeur peuvent devenir dangereux en cas d’augmentation de la pression par surchauffe, et les nombreuses explosions d’appareils de chauffage au cours de la deuxième moitié du 19<ème> siècle avaient amené l’administration à obliger, par le décret du 30 Avril 1880 le contrôle et le timbrage par le service des mines (vérification de la tenue en pression) de toutes les installations utilisant la vapeur. Mais le prix des systèmes à basse pression était plus bas de 20 à 25% car le diamètre des tuyauteries pouvait être réduit. Progressivement la pression dans les systèmes de chauffage se réduisit a la suite de l’évolution du matériel.

Le 8 juillet 1903 une circulaire ministérielle autorisa l’emploi des systèmes à très basse pression dans les locaux habités sans déclaration ni frais de timbrage. «Il a paru à la Commission Centrale des Machines à Vapeur, qu'une dérogation à celle règle, en ce qui concerne les dites chaudières, ne présenterait aucun inconvénient pour la sécurité, à la condition qu'elles fussent munies de dispositifs permettant de les considérer comme des vases ouverts, en libre communication avec l’atmosphère».

Pour cette raison, les constructeurs français développèrent immédiatement les chaudières, radiateurs et accessoires pour ces circuits: naquit alors le « système français » de chaudières, les robinets de radiateur, les radiateurs en fonte, les régulateurs de pression (qui limitent la pression et ouvrent ou ferment l’alimentation en air du foyer en fonction de la pression de la vapeur, et donc proportionnent aussi la quantité de combustible brûlé à la quantité d’eau vaporisé). Lorsqu’apparaitront les thermostats régulant l’alimentation en air du foyer en fonction de la température de l’eau, le système à eau chaude prendra progressivement le pas sur celui à vapeur à basse pression. La vapeur disparaîtra définitivement des installations domestiques lorsque les circulateurs d’eau (voir ce mot) modernes furent mis sur le marché.

L’Exposition de 1878 ne présente rien de bien nouveau pour le chauffage des grands édifices. Les appareils et procédés qui y sont représentés n’ont pas varié depuis 1867; c’est l’air chaud, la vapeur et l’eau qui sont toujours les véhicules de la chaleur. Les dispositions ont été mieux étudiées et le fonctionnement rendu plus hygiénique. C’est ainsi que l’on cherche actuellement, pour les appareils à l’air chaud, à ne plus surchauffer l’air jusqu’à 70 et 80 degrés, températures des plus défavorables à la santé, et à se maintenir dans les limites de 30 à 50 degrés.
Pour l’eau chaude, on ne dépasse plus guère 50 degrés, et l’emploi de la vapeur se fait à basse pression.  – 1878 Rapport Belge sur l’exposition du chauffage

L'on n'emploie la vapeur dans le chauffage qu'à basse pression, ne dépassant pas au plus de 25 centimètres de mercure [330 millibar] la pression atmosphérique. Au premier moment, on est obligé de monter de quelques centimètres en plus, pour chasser l'air des appareils et porter rapidement la vapeur aux points les plus éloignés du système, mais on ne tarde pas à redescendre au degré que nous venons d'indiquer, la production de la vapeur à basse pression étant toujours un mode plus avantageux M. Grouvelle, qui, l'un des premiers, s'occupa du chauffage par la vapeur, et contribua considérablement par ses travaux aux développements pratiques de ce procédé, a formulé au sujet des diamètres à donner aux tuyaux.  – 1884 Roret

En 1890, les premières tentatives de chauffage à vapeur à basse pression furent faites en France L’industrie du chauffage a pris, comme l’on sait, ces dernières années, une très grande extension, et nous ne craignons pas d’affirmer que c’est depuis la découverte des appareils à basse pression que le développement s’en est manifesté  – 1906 ca Forges d’Audincourt

Chauffage à très basse pression.  – 1898 ca Bouchayer-Viallet

La maison Koerting, la première en France, introduit, il y a plus de quinze ans, le chauffage par la vapeur à basse pression, à fonctionnement automatique plus de mille installations sont en fonctionnement en France.  – 1899 Koerting chauffage hygiénique

Chauffage par la vapeur à très basse pression, comme un vase ouvert échappant à l'application du décret du 30 Avril 1880,  – 1904 Chappée

Les chaudières à très basse pression (80 à 150 grammes par centimètre carré) qui la produisent tiennent peu de place, les tuyauteries qui la font circuler sont de faibles diamètres et peuvent être facilement montées dans les immeubles déjà habités. La vapeur a un grand rayon d'action, donne un chauffage très hygiénique et, de plus, très réglable.  – 1905 Perisse, chauffage des habitations particulières

Pour arriver à ce double résultat, on emploie une chaudière à vapeur à basse pression, identique à celles qui sont employées pour le chauffage à vapeur et qui, munies d'un régulateur automatique de pression et de combustion, sont disposées pour être d'un emploi facile et ne demander aucune surveillance.  – 1906 chauffage moderne par l’eau chaude basse pression, à circulation accélérée. Hamelle

Chaudière à très basse pression, n’exigeant aucune surveillance ni personnel spécial.  – 1910 ca Courtaud Garnier

Le chauffage central par circulation d’eau chaude ou de vapeur basse pression est, de tous les systèmes employés jusqu’à ce jour, celui qui réunit toutes les qualités d’économie, de propreté et de répartition parfaite de la chaleur dans les divers locaux à chauffer. C’est le chauffage moderne, le dernier mot du confortable.  – 1911 Allez frères

La vapeur d'eau, produite à très basse pression dans la chaudière placée en sous-sol, est véhiculée par des tuyaux généralement en fer.  – 1911 Robin Chauffage hydrothérapie

Au-dessous de une atmosphère, le chauffage est dit très basse pression ou à l'eau chaude (600 grammes maximum). De une à deux atmosphères (1033 grammes à 2066grammes), il se nomme à basse pression. De deux à trois atmosphères (2 kg 660 à 4 kilos), c'est la moyenne pression. De cinq à 7 atmosphères (5 à 7 kilos environ), il est dit chauffage à haute pression. Au-dessus de 7 atmosphères, ce qui est très rare, on a la très haute pression.  – 1914 Biege Chauffage central au coke

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Chaudiere très basse pression avec regulateur (1899 Koertig)

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Chaudière tres basse pression avec régulateur (1904 Chappée)

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Chaudière à vapeur très basse pression avec régulateur (1909 forges d’Audincourt)

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Chaudières et radiateurs de chauffage central à eau et à vapeur basse pression (1911 Allez frères)