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Chauffage au gaz

Voir aussi : Gaz de houille , Radiateur à gaz , Chauffage central au gaz , Bûche à gaz , Cheminée à gaz

Les appareils de chauffage au gaz, qui sont maintenant une des principales applications du gaz, ne furent, dans les années 1850-1870, que des appareils simples (bûches, cheminées), dont la sécurité était un des grands handicaps. Il fallut attendre 1890-91 et la construction du laboratoire d’essais du Gaz de Paris, (qui devint plus tard celui du Gaz de France), au Landy, à Saint Denis, (ou il existe encore), pour que des appareils plus sûrs apparaissent sur le marché. Il permit de valider les solutions techniques des constructeurs, et de sécuriser les appareils.

Le gaz hydrogène carboné n’a d’abord servi qu’à l’éclairage; mais on n’a pas tardé à reconnaître qu’il possède une puissance calorifique énorme, et de la connaissance expérimentale de ce fait à l’idée de l’appliquer au chauffage, il n’y a qu’un pas. Nous avons vu que cette idée était venue à Philippe Lebon. Toutefois, elle n’a pu être réalisée pratiquement qu’après plus de quarante ans de recherches. C’est que le gaz doit présenter des conditions différentes, suivant qu’il est destiné à éclairer ou à chauffer. Dans le premier cas, il faut que sa flamme, pour être très-éclairante, contienne en suspension le plus grand nombre possible de particules charbonneuses, et ce sont ces particules qui, n’étant ni fondues ni volatilisées, se déposent, sous forme de noir de fumée, sur les objets environnants. Dans le second cas, au contraire, afin de réaliser le maximum de chaleur utilisable, il est indispensable de brûler simultanément tout l’hydrogène et tout le carbone, sans excès d’air, et en réduisant le volume de la flamme, qui cesse alors d’être éclairante et n’est pas accompagnée de production de fumée. On remplit ces conditions soit en divisant le gaz en un grand nombre de petits jets, soit en ménageant au centre du courant gazeux l’accès facile d’un volume d’air capable de compléter la combustion simultanée de l’hydrogène et du carbone.
C’est le docteur Robison, d’Edimbourg, qui est, dit-on, parvenu le premier à faire servir le gaz au chauffage, sans répandre ni odeur ni fumée (1835); mais à M. Hugueny, pharmacien à Strasbourg, appartient le mérite d’avoir définitivement résolu la question pratique de ce mode nouveau de se procurer de la chaleur. Ses recherches, commencées en 1846, furent continuées avec persévérance jusqu’en 1848.
Depuis 1851, on applique le gaz d’éclairage à un grand nombre d’usages domestiques, tels que la cuisson des aliments, la torréfaction du café, le chauffage des fers à repasser, le chauffage des appartements Dans l’économie domestique, on bride le gaz au moyen d’appareils dont la forme et les dimensions varient à l’infini, mais qui tous sont construits de manière à le faire passer à travers des orifices très-nombreux et très-fins, qui le tamisent et permettent, en même temps, d’y mélanger la quantité d'air nécessaire à une combustion parfaite.
Ainsi, dans les cuisines ou fourneaux à gaz, qui consistent en une caisse quadrangulaire sur laquelle sont pratiquées des cavités circulaires garnies de lames métalliques criblées de petits trous, on trouve depuis le four à cuire la pâtisserie, le foyer pour le pot-au-feu et la coquille à rôtir, jusqu’aux réchauds pour les ragoûts, le grillage et le flambage des volailles.
Ainsi, dans les poêles à gaz, appelés vulgairement poêles de Berlin, si communs dans les gares des chemins de fer, le foyer consiste en un faisceau de petits becs allumés qui sortent d’un tuyau annulaire, et dont la chaleur se répand ensuite dans des circuits ménagés pour réchauffement de l’air.
Ainsi encore, dans les cheminées à gaz, la chaleur est produite par des cylindres de fonte persillés de trous ou percés de fentes très-étroites, placés les uns au-dessus des autres, et auxquels on donne l’aspect extérieur des bûches de bois, ce qui leur a valu le nom de bûches incombustibles, ou de bûches éternelles.  – 1873, Histoire de l’industrie, Maigne.

Nous avons vu, en parlant des origines de la fabrication du gaz, que Philippe Lebon avait bien compris la possibilité d’utiliser le gaz pour le chauffage; mais ce ne fut que longtemps après son application à l’éclairage qu’il reçut effectivement cet emploi. Malgré quelques tentatives de divers inventeurs, tels que Merle, Hugueny, Bardot, c’est seulement vers 1850 que nous voyons paraître des appareils pratiques. Ils venaient d’Angleterre et généralement bridaient avec une flamme blanche. L’invention par Bunsen du brûleur qui porte son nom a permis aux appareils de chauffage au gaz de se répandre. Ceux dans lesquels le gaz brûlait avec une flamme blanche avaient l’inconvénient de déposer du noir de fumée sous les ustensiles à chauffer. Dans le bec Bunsen, au contraire, la combustion est complète, et le gaz, donnant en outre un chauffage énergique, ne salit pas les objets en contact avec la flamme.  – 1880 La houille et ses dérivés, Chemin et Verdier

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Fabrique et magasins de vente des appareils de chauffage et de cuisine au gaz de MM. Jacquet et Hauteur. (1870 L’illustration N°1416)