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Charbon de Paris

Aussi : Coke- Charbon , Charbon artificiel

Le 4 Aout 1845, Antoine Popelin, marchand à Paris, 41 rue Vivienne, fit une demande de brevet pour ce qu’il appela charbon artificiel ou Coke-Charbon, puis Charbon de Paris. Il y décrivait la fabrication de briquettes faites de poussier de charbon de bois et de tan agglomérés; Le succès fut au rendez-vous et la société Popelin-Ducarre (formée avec sa femme Philiberte Ducarre). développa les machines nécessaires à une production de masse économique. Vers 1850 sa commercialisation se faisait sous le nom de « Charbon de Paris» ou charbon de bois aggloméré. Le brevet initial fut suivit de nombreuses additions jusqu’en 1852, et la composition finale faisait intervenir comme liant le goudron alors produit en abondance par les usines à gaz. Comprimé et moulé en cylindres ou en briquettes, le mélange subissait ensuite une carbonisation partielle. Il en résultait un produit compact ayant une bonne résistance mécanique et un pouvoir calorifique égal à 4/5 du charbon de bois entier. Comme en plus, il brûlait lentement, il fut donc un combustible de choix pour les chaufferettes et tous les petits appareils de chauffage mobiles. En 1857 la société Popelin-Ducarre et Cie, transféra son activité à la Compagnie Parisienne pour la fabrication des agglomérés et des charbons de Paris. Sa recette de fabrication fut reprise par de nombreux industriels qui, pour éviter d’être accusés de contrefaçon lui donnèrent alors les noms variés de: charbon des ménages; charbon de Montreuil; charbon de la ville; charbon de l’éclair (fabriqué à Paris par M. Testelin) charbon de Bordeaux (fabriqué par M. Magniados); charbon économique; charbon nouveau etc Le charbon de Paris continua à être fabriqué jusqu’entre les deux guerres mondiales par la Société du Charbon de Paris, et vendait les briquettes agglomérées sous la marque LD (Lefranc-Ducarre). En raison de la pénurie de combustibles, les briquettes de Charbon de Paris firent une brève réapparition pendant la seconde guerre mondiale.

Fours servant à carboniser le charbon de bois refait, charbon de Paris ou charbon de marc de raisin Jusqu’à ce jour, on a cuit ces charbons dans des pots en fer ou en terre, ou charriot en fer ou en fonte, ce qui revient très coûteux [sic]  – brevet Ravou, 1849, INPI

On vend depuis quelques années, sous ne nom de charbon de Paris, un combustible dont la base est le poussier de charbon de bois et de tan à demi carbonisé. Ce combustible brûle très lentement, sans flamme, et produit une chaleur continue peu élevée, qui convient à la préparation de plusieurs mets faisant partie de la cuisine bourgeoise, spécialement celle du pot-au-feu. Le prix modéré du charbon de Paris rend son usage dans les fourneaux de la cuisine aussi économique qu’il est commode. Lorsqu’on achète du charbon de Paris en assez grande quantité à la fois, on réalise une économie très importante sur le prix de ce combustible, relativement à ce qu’il est payé quand on l’achète au détail.  – 1861 G.Beleze Le livre des ménages

En faisant brûler ensemble à moitié, dans des vases clos, du poussier de charbon et du tan après qu’il a produit son effet utile pour la tannerie, on obtient un produit qui, depuis quelques années est fort apprécié des ménagères sous le nom de charbon de Paris. Ce combustible reçoit par le moulage la forme du charbon de bois de moyenne grosseur; il brûle lentement, sans mauvaise odeur et sans fumée; il convient surtout pour la cuisson des mets qui, comme le pot-au-feu, le boeuf à la mode et la dinde en daube, exigent une ébullition lente et très-prolongée.  – 1864 Hygiène et économie domestique

L’industrie du charbon de Paris a été créée de toutes pièces par M. Popelin-Ducarre; il eut l’idée d’utiliser les résidus de matières végétales brûlant facilement après agglomération, comme du charbon de bois, et inventa les machines nécessaires à la réalisation industrielle de son idée.
Les matières premières qu’il avait en vue tout d’abord étaient les bruyères, la sciure de bois, les menues branches restant dans les forêts et le tan de tanneries; mais les dépenses de carbonisation préalable firent abandonner ces diverses substances (dont cependant la valeur brute était peu considérable) pour utiliser exclusivement les poussiers de charbon de bois restant dans le fond des bateaux qui les amènent à Paris ou dans les magasins, et le poussier de charbon de tourbe. Ces matières brûlant très facilement et même trop rapidement, on put y mélanger du poussier de coke, qui, étant très bon marché, abaisse le prix de revient. Mais il y a une limite qu’il ne faut pas dépasser dans la proportion du mélange de coke, parce qu’alors les briquettes deviennent plus difficiles à brûler; les quantités convenables de coke à introduire dans les briquettes sont indiquées par la pratique.  – 1880 La houille et ses dérivés Chemin et Verdier

Agglomération du charbon de bois (charbon de Paris) C’est en 1850 que Popelin-Ducarre imagina de fabriquer avec des déchets de charbon de bois, de la tannée et de la braise de boulanger, mélangés à du goudron, des cylindres agglomérés pouvant remplacer le charbon de bois. Les matières solides, humectées de 10 p. 100 d'eau, sont broyées entre des cylindres, puis additionnées d'une proportion assez considérable de goudron de houille (33 à 40 p. 100), de manière à constituer une pâte qui est triturée par des meules coniques dans une auge circulaire. Cette pâte est ensuite moulée en cylindres au moyen de pistons compresseurs, puis les agglomérés obtenus, après une exposition de quarante-huit heures à l'air, sont calcinés en vases clos dans des caisses de tôle rangées dans un four spécial, chauffé par la combustion des produits de la décomposition du goudron. Celui-ci laisse comme résidu un coke très dur qui donne beaucoup de consistance aux agglomérés. Le charbon obtenu brûle sans flamme ni fumée. Il n'est guère intéressant que pour les usages domestiques.  – 1912 Damour Carnot Rengade Energie Calorifique

La tourbe carbonisée ou le charbon de Paris de préférence: ces charbons sont plus économiques et donnent un feu plus doux et plus régulier.  – 1886 Franco Américaine de chauffage

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Machine Popelin-Ducarre à extruder les cylindres de charbon de Paris
(Exposition universelle de 1855)

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Four Popelin-Ducarre à carboniser le charbon de Paris dans des pots en fer (Exposition universelle de 1855)

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1898 Société du Charbon de Paris