Visitez notre WebApp cliquer ici

Auer (Bec)

Aussi : Manchon Auer

Les premiers manchons à incandescence, composé d’un tissu de coton imprégné de magnésie et d’oxydes de terres rares (Lanthane, Yttrium) furent inventés en Autriche par Carl Auer von Welsbach en 1885, mais ce fut un échec commercial. En 1891, il remplaça les sels d’origine par du dioxyde de Thorium et du dioxyde de Cérium. Placé sur un bec Bunsen, la lumière produite par ce manchon était plus intense, et à partir de 1892, il commença à être utilisé en Europe, et la marque Auer déposée en France. La Société Française d’incandescence par le gaz (A ne pas confondre avec le Société Nationale d’incandescence par le gaz, son concurrent), qui, grâce à Clamond avait déjà une certaine expérience de ce type d’éclairage, devint la branche Auer en France. Le tissage du manchon Auer fut amélioré par Plaisetty, qui simplifia sa fabrication et augmenta sa résistance mécanique en 1902. En 1912 fut développé le site de production français de Feuquière en Vimeu (fonderie et émaillerie, plus particulièrement dédié aux appareils de chauffage)

On voit donc que la question de l’incandescence par le gaz a été l’objet des recherches des inventeurs et la source de nombreux brevets, au même titre que le principe théorique avait excité les travaux des chimistes. Les perfectionnements ont été cherchés pour tous les éléments du bec, pour le brûleur, pour le manchon, pour le cylindre protecteur de la flamme. On a surtout voulu remédier à la fragilité des manchons qui s’opposait, dès le début, à l’éclairage public ou à l’emploi de la lumière à incandescence. partout où le bec éprouvait des oscillations ou était allumé par des mains inexpérimentées et brutales. Il est à souhaiter que toutes ces recherches se poursuivent et qu’elles nous donnent bientôt des améliorations vraiment pratiques et peu coûteuses.  – 1895 Vie Scientifique, éclairage par l’incandescence

En 1897 30.000 becs Auer en service L'idée de faire servir indirectement à la production de lumière le pouvoir calorifique d’un mélange gazeux avait déjà donné lieu à plusieurs tentatives. En 1828, avaient été effectués les premiers essais de « lumière Drummond », dans lesquels on portait à l'incandescence un morceau de chaux, en utilisant la combustion du mélange hydrogène-oxygène. Beaucoup plus tard, en 1808, une expérience publique fut faite à Paris, place de l'Hôtel-de-Ville, en utilisant le mélange gaz de houille-oxygène; le morceau de chaux était remplacé par un crayon de magnésie. L’éclairage ainsi réalisé fut trouvé très satisfaisant, mais son prix de revient trop élevé ne permit pas d’envisager sa généralisation.
Après 1878, quand l’idée de l'incandescence fut reprise on songea d’abord à substituer l’air comprimé à l'oxygène utilisé dans les essais précédents; sur ce principe lurent établis le bec Popp et les premiers becs Clamond (1880-1882). Enfin, comprenant que la nécessité d’avoir une double canalisation rendrait impossible le développement de ce procédé d’éclairage, Clamond abandonna l’air comprimé et s'attacha à perfectionner un brûleur du type Bunsen pour obtenir une flamme aussi chaude que possible. Celle-ci portait à l’incandescence un panier conique en magnésie filée, qui coiffait le brûleur. Pendant les premières heures de fonctionnement, le bec Clamond permettait d’obtenir le carcel-heure avec 45 litres de gaz, mais, le panier en magnésie se désagrégeant rapidement, le rendement diminuait bientôt de moitié.
Tandis que Clamond concentrait ses efforts sur la mise au point du brûleur, le docteur Auer, à Vienne, portait les siens sur l’étude du corps qu'il s’agissait de rendre incandescent.
De 1880 à 1885, Auer se livra à des recherches méthodiques sur les oxydes de métaux rares; il avait reconnu la propriété qu’ont ces corps de pouvoir devenir incandescents à une température relativement peu élevée. Son premier brevet fut pris en 1885 pour un manchon à base de lanthane; il arriva en 1892 au mélange définitif comprenant 99% de thorine et 1% de cérite.
Lorsqu'on parcourt les comptes rendus des assemblées de compagnies gazières contemporains de la découverte d’Auer, on est surpris du peu d'enthousiasme qui accueillit celle-ci. Les gaziers semblaient craindre que, par son trop bon rendement, le nouveau procédé d’éclairage ne fit courir à leur industrie plus de dangers que la concurrence électrique ! Les faits se chargèrent bientôt de modifier cette opinion. Bien que les premiers manchons fussent fragiles et d’un prix assez élevé, l’éclairage à incandescence se développa avec une extrême rapidité; non seulement il se substitua aux anciens appareils à gaz, mais il prit la place d’autres modes d’éclairage que n’avait pu détrôner le bec papillon.
Depuis sa création, le bec à incandescence n’a pas cessé d’être l’objet de perfectionnements qui ont porté, les uns sur le manchon que l’on s’est efforcé de rendre plus résistant, tout en réduisant sa masse au minimum, les autres sur le brûleur dont on a amélioré les conditions d’entraînement d’air, afin d’obtenir une flamme aussi chaude que possible. L’incandescence étant, en effet, proportionnelle à la cinquième puissance de la température du manchon, un gain de quelques degrés procurait une amélioration notable du rendement lumineux.
Le débit horaire des types de becs droits les.  – 1924 Centenaire de l’industrie du gaz

La fragilité du manchon Auer a longtemps retardé son emploi. Mais la Compagnie, de l’Ouest l'utilise maintenant, avec du gaz de houille comprimé, pour l’éclairage de ses wagons. M. Naudé (au Congrès de l’Industrie du gaz, 1905) nous a donné au sujet de l’emploi du gaz de bouille comprimé à l’incandescence de manchons Auer, un intéressant exposé.
Les premiers essais d’éclairage des wagons de chemins de fer, avec des manchons, datent de 1897. Ils ne donnèrent que des résultats défectueux tout d’abord. Repris en 1901 par la Compagnie de l’Est, qui expérimenta simultanément le gaz d’huile et le gaz de houille, les essais furent favorables au gaz d’huile.  – 1906 Gaz d’éclairage

Ces cheminées à gaz sont basées sur un principe nouveau ayant un rendement considérable. Le chauffage se fait par 1’intermédiaire de manchons spéciaux semblables aux manchons Auer mais beaucoup plus résistants. On peut les manier sans précaution et même les laisser tomber à terre. Leur durée est donc illimitée. Ces manchons sont disposés spécialement pour obtenir la plus grande quantité de chaleur qui est rejetée dans la pièce par la réverbération du foyer émaillé blanc. Ces cheminées sont les appareils les plus parfaits qui existent à ce jour pour le chauffage ou gaz.  – 1910 Choubersky

L'essence de pétrole, d’une densité de 650 à 680 grammes par litre, le benzol ou benzine de houille, donnent de bons résultats pour l’éclairage intensif par manchons Auer.  – 1918-1927 Chauffage au gaz, pétrole, électricité

alt-a-titre

Lampe Clamond à incandescence par le gaz, avec serpentin magnésie (1889 Clamond, Société du gaz Electrique)

alt-a-titre

Manchons incandescents (1908 Société Nationale d’éclairage par l’incandescence)

alt-a-titre

Siège social et usine Auer, rue Saint Fargeau, Paris 20<ème> (1932 Auer)